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Interview de Carlo Ancelotti _ 4ème partie

Selon vous, de combien de temps aura besoin la Serie A pour redevenir le meilleur championnat du monde ?
(Il souffle) Je ne le sais pas. Ce n’est pas une question sportive, c’est juste une question économique. Aujourd’hui, sans argent, tu ne fais plus rien dans le foot.

Vous pensez vraiment que c’est juste un problème économique ?
On a l’impression désormais que le football italien manque cruellement de nouveaux talents ; ça a toujours été comme ça, ce n’est pas nouveau. Il y a des périodes creuses et des moments où plusieurs joueurs intéressants apparaissent. C’est quelque chose qui est très variable, et puis, en Italie, on a parfois trop tendance à privilégier l’expérience à la jeunesse…

Est-ce que le problème du football italien n’est pas de croire qu’ils sont toujours les plus forts ?
En Italie, la seule chose qu’on croit, c’est que notre championnat est le plus difficile du monde. C’est ce que je pense réellement. Pour moi, les entraîneurs italiens sont les meilleurs du monde. Nous possédons le plus de qualités, bien plus que n’importe quels autres entraîneurs étrangers. Tactiquement, on est vraiment bien dotés.

Économiquement le championnat anglais offre des possibilités difficiles à refuser pour les joueurs. Pensez-vous que le Calcio va pouvoir retenir ses joueurs encore bien longtemps ?
Je ne sais pas, mais en tout cas, les clubs italiens sont aujourd’hui au maximum de leurs possibilités économiques. Si on continue à vouloir s’aligner sur le modèle anglais, nous courons à notre perte.

Est-ce que vous craignez la crise au Milan AC ?
Non, il n’y a pas de crise ici, mais aucun club italien ne peut actuellement suivre le train de vie des Anglais. Ce sont deux dimensions différentes sur le point de vue strictement économique.

Quand Manchester City a proposé 160 millions d’euros à Kaka, vous n’avez pas pensé que c’était une blague ?
Je peux vous assurer que ce n’était ni une blague, ni une folie : c’était malheureusement vrai ! (Rires).

Vous avez eu peur de le perdre ?
(Long silence) Aujourd’hui qu’il est encore avec nous, je peux effectivement vous avouer que j’ai eu vraiment peur. Cette histoire m’a donné très mal à la tête (sourire).

Vous pensez que la décision de Kaka est un geste fort pour les jeunes qui pensent que le football est seulement un moyen de gagner de l’argent rapidement ?
Sa décision l’honore. Il a préféré le choix sportif à son compte en banque, mais je ne sais pas si c’est vraiment un exemple pour les jeunes. Je ne le vois pas comme ça car je pense que les jeunes ne pensent pas à l’argent. Devenir professionnel est un rêve pour beaucoup de gosses ; à mon avis, ils voient le football comme une passion, comme un spectacle, mais pas comme un moyen de se faire rapidement de l’argent. De toute façon, il y a toujours eu et il y aura toujours beaucoup d’argent dans le football. Dans notre société, les mouvements d’argent sont extrêmement liés à tout ce qui soulève des passions, et le football en est une, donc forcément il brasse beaucoup d’argent.

En France, Gourcuff soulève beaucoup de passion actuellement. Est-ce que vous pensez qu’il reviendra au Milan AC la saison prochaine ?
C’est difficile, mais ce n’est pas impossible. L’année dernière, il a eu quelques problèmes d’adaptation. Avec nous, il n’a pas réussi à exprimer entièrement toutes ses qualités. Vous savez, le Milan AC est un club où il faut prouver sa valeur très rapidement. Dans ce club, nous avons des impératifs de résultats, on ne peut pas se permettre de donner de la continuité à des jeunes pour qu’ils puissent s’aguerrir. C’est peut-être dommage, mais c’est comme ça. Avec Pirlo, Gattuso, Seedorf, Ambrosini et bien d’autres, Gourcuff était en concurrence directe et c’était très difficile pour lui. Je comprends sa déception. Ce n’est pas facile de jouer des bouts de match, j’en ai conscience, mais quand je lui donnais des minutes de jeu, il avait tendance à trop vouloir prouver et sa prestation était uniquement individuelle. Il n’arrivait pas à jouer pour le collectif… Il faut encore qu’il travaille un peu son mental pour être un grand joueur car ici, il s’est démoralisé un peu rapidement. Le mental est son principal problème : un jour, il est comme ça (il met son doigt en l’air) et l’autre, il est comme ça (il met son doigt en bas). C’est sans aucun doute un très bon joueur, mais il faut qu’il continue à enchaîner les bonnes performances pour progresser. Pour l’instant, c’est toujours un joueur qui appartient à Milan, mais Bordeaux a encore la possibilité de le garder s’il paie pour s’adjuger ses services.

Zidane a dit qu’il était l’un des joueurs qui lui ressemblaient le plus…
C’est vrai qu’ils se ressemblent un peu. Il a l’élégance et les mêmes mouvements que Zidane. Tout ce que je souhaite à Gourcuff, c’est de devenir un jour comme Zidane.

A la Juventus, vous avez raté Henry, vous n’avez pas peur d’en faire de même avec Gourcuff ?
Je n’ai pas raté Henry ! Quand je suis arrivé, il était déjà là-bas. Il est parti de la Juve parce que les dirigeants voulaient acheter le Brésilien Amoroso (qui est devenu par la suite un joueur rossonero), à l’époque le meilleur buteur du Calcio. En fait, la Juve voulait faire un échange, mais Henry ne voulait pas aller à l’Udinese : « Vous n’allez pas me dire où je dois aller, moi je vais où je veux », et il est parti à Arsenal.

Vous pensiez qu’il ferait une si belle carrière ?
Franchement non. Son parcours m’a vraiment surpris. Je n’aurais jamais pensé qu’il soit aussi performant à la pointe de l’attaque, je le voyais plus comme un ailier.

Qu’est-ce que vous pensez de Domenech et de ses déclarations sur les Italiens ?
Bah… Domenech parle beaucoup, il dit tellement de choses… Quand quelqu’un parle trop, c’est fatiguant, et le mieux à faire, c’est de ne plus l’écouter… Je ne le connais pas vraiment, je sais juste qu’il est à la tête d’une des sélections les plus compétitives du monde.

Vous aimeriez entraîner une sélection nationale ?
Oui, ce serait bien.

La Squadra Azzurra par exemple ?
Non, mon rêve est de pouvoir entraîner une sélection africaine. Les footballeurs africains ont beaucoup de talent et une force physique vraiment impressionnante. Ils sont vraiment différents des autres joueurs. Si je devais choisir, j’adorerais diriger la Côte d’Ivoire. Ils ont des très grands joueurs.

Qu’est-ce qu’il leur manque alors pour vraiment exploser dans les grandes compétitions ?
Le talent individuel, ils l’ont, il faut maintenant qu’ils arrivent à créer un véritable bloc-équipe.

Comment qualifiez-vous vos relations avec Berlusconi ?
Je sais ce qu’il veut pour son équipe, et j’essaie d’y parvenir en travaillant dur tous les jours. Berlusconi est amoureux de son club, c’est un passionné, il est donc normal qu’il donne son opinion sur son équipe.

On dit pourtant qu’il use de son influence pour vous dicter ses choix…
La moitié de ce qui se dit dans la presse est faux. On se parle deux fois par mois au téléphone, et ce sont des conversations toujours cordiales. Il aime savoir quelle est l’ambiance dans le vestiaire, qui sont les joueurs blessés… Paradoxalement, c’est quand les choses vont bien qu’il se montre un peu critique. En revanche, lorsque le club traverse une mauvaise passe, il est très proche du staff et des joueurs, il nous demande comment il peut aider. Il est d’un grand soutien.

Vous le voyez comme un perfectionniste ?
Je dirais plutôt qu’il est un fin psychologue. C’est un grand chef.

Un grand chef pour l’Italie ou pour le Milan AC ?
C’est un leader pour son pays et son club.

Est-ce qu’il arrive à vous impressionner ?
Moi ? Non pas du tout.

Est-ce que vous avez l’impression d’être libre dans votre travail ?
Oui, car je sais parfaitement quel est mon rôle. Je dois néanmoins être en accord avec les idées véhiculées par le club. Ça ne me viendrait pas à l’esprit de m’énerver contre mon club, dans le cas par exemple où mes dirigeants ne feraient pas venir un joueur que j’ai demandé. Je reste serein quoi qu’il arrive, et si un joueur que j’ai demandé ne vient pas, je cherche d’autres solutions…

Vous pensez au contraire que le Milan AC est en accord avec vos idées ? Est-ce que Galliani et Berlusconi vous aident à vous sentir plus libre ?
Oui, car ils me laissent faire entièrement ce que je veux. On a un rapport de confiance et chacun sait rester à sa place. Si demain, je décide de ne pas faire d’entraînement, je ne le fais pas et je n’ai aucune explication à leur donner.

Vos convictions personnelles sont-elles en opposition avec celles de Berlusconi ?
Si vous parlez de mes convictions politiques, sachez qu’elles sont en accord parfait avec celles du président…

Pour entraîner le Milan AC, faut-il avoir voté pour Berlusconi ?
Non. Absolument pas. Berlusconi ne choisit pas ses entraîneurs, ses footballeurs ou ses journalistes en fonction de leur couleur politique.

Que pensez-vous du travail accompli par Berlusconi au Milan AC ?
Quand les dirigeants milanais sont venus me prendre à la Roma en 87, ils m’ont dit quels étaient leurs objectifs. Berlusconi voulait le Scudetto en un an, la Coupe des Champions en deux et la coupe du monde des clubs (Intercontinentale) en trois. J’ai pensé « Ces gars là sont fous ! » (Rires). Finalement, ce n’était pas de la folie, ce qu’ils avaient projeté s’est révélé totalement vrai.

C’est un modèle pour vous Berlusconi ?
C’est un exemple. Un autodidacte qui est parti de rien pour devenir président du gouvernement italien. Sa vie est une réussite et un exemple pour tous ceux qui souhaitent accomplir de grandes choses.

Lilian Thuram, l’un de vos ex-joueurs, a refusé un poste de ministre à Sarkozy. Est-ce que vous pouvez dire non à votre président ?
Je ne veux pas parler de politique. Pour ce qui concerne le Milan AC et mes rapports avec les présidents du club, je suis libre. Si j’ai envie de lui dire non, je lui dis.

L’Italie a été secouée par le cas Eluana. Quelle est votre opinion à ce sujet ?
(Il réfléchit, ému) C’est une question très personnelle. La vie n’a pas de prix… (Il s’arrête puis réfléchit longuement) Je ne peux pas vous donner mon opinion, car je n’étais pas à la place des parents de cette pauvre Eluana. Ce qu’éprouvent des parents pour leurs enfants, c’est quelque chose d’unique, d’émotionnellement très fort, qu’il est difficile de partager et d’expliquer. L’euthanasie est un sujet sensible, chaque cas est différent, c’est vraiment très difficile de juger. Comment choisir entre la vie et la mort ? C’est une question à laquelle je ne souhaiterais jamais être confronté.

Vous êtes croyant ?
Oui je suis catholique.

Ça ne vous dérange pas que Kaka et d’autres de vos joueurs soient des Athlètes du Christ ?
Absolument pas.

Et ça ne vous dérange pas qu’ils se réunissent au milieu du terrain avant les matchs pour prier tous ensemble ?
Si ça me dérange qu’ils prient ? Je suis catholique, alors non ça ne me dérange pas.

Et si à la place d’être catholiques, ils avaient été musulmans, ça vous aurait dérangé ?
Non aucun problème. Pourquoi ?

En France, le prosélytisme est mal vu dans un pays qui se veut laïque.
(Il coupe) L’Italie aussi est laïque ! Je dois avouer que je n’ai jamais entraîné de joueur musulman dans ma carrière, même si nous avons actuellement un joueur de cette confession dans les catégories de jeunes du club. Vous savez, je respecte toutes les religions. Les musulmans prient Mahomet, les catholiques prient Dieu, en fait, chacun a le droit de croire en ce qu’il veut et de prier pour ce qu’il désire, je n‘y vois rien de mal.

Avec le nombre de joueurs étrangers que vous avez actuellement à disposition dans le vestiaire, quelle langue utilisez-vous pour leur parler ?
Le Milan AC est une équipe italienne, donc ici on parle italien. Tous les joueurs doivent apprendre la langue s’ils restent ici.

Et vous lui parlez également italien à Beckham ?
Je lui parle italien, et il comprend, car il est en train d’apprendre notre langue. De toute façon, si finalement il reste avec nous, il faudra bien qu’il l’assimile comme tous les autres joueurs.

C’est dans les contrats des joueurs l’obligation de parler italien ?
Non, il n’y a rien qui le mentionne, mais selon moi, le Milan doit conserver son âme italienne. Imaginer le club sans joueurs italiens, c’est impossible. Je pense qu’il est fondamental pour Milan de conserver ces traditions liées à la culture du travail, à la discipline, et ce serait plus difficile sans joueurs italiens.

Quelle image croyez-vous que le Milan AC véhicule à l’étranger ?
L’image du club le plus titré du monde ! Si une équipe ne joue pas bien, elle ne gagne pas. Milan pratique un football efficace qui lui a apporté beaucoup de succès. Le football, ce n’est pas qu’une question de jeu et d’habileté. C’est beaucoup plus que ça : c’est l’éducation, la concentration, la force physique, la faculté de maintenir un groupe compact… Tout ça, ce sont des composants nécessaires à la victoire. Ça fait combien de temps que Barcelone a gagné sa dernière Ligue des Champions ? Trois ou quatre ans…

Ils l’ont également gagné en 92.
Le Milan AC est plus régulier dans la victoire. En 89, 90, 94, 2003 et 2007. Il y a une continuité dans le temps. Bien sûr, on ne peut pas gagner tous les ans, c’est impossible. Ceux qui disent qu’ils ont bien joué alors qu’ils ont perdu ont tort. Une défaite, c’est la sanction pour une équipe qui n’a pas fait le nécessaire. Moi, je cherche à gagner tout en jouant bien, après c’est plus facile lorsque tu as des joueurs de grand talent. Un entraîneur est jugé sur ses résultats.

C’est quelque chose que vous regrettez ?
Je ne peux pas le regretter car c’est malheureusement ce qui se passe. Qui a les compétences nécessaires pour juger le travail d’un entraîneur ? Si on part du principe que les barèmes sont uniquement en relation avec les résultats, n’importe qui peut le faire. Toi, toi, moi, le voisin… Mais qui peut juger de ses connaissances, de ses compétences, des composantes psychologiques qu’il a su transmettre au groupe, de la capacité de respecter les volontés des autres ? Personne.

Est-ce que vous pensez que la crise économique actuelle puisse écorner l’image du Milan Ac ?
Je ne pense pas. Les gens ont besoin de rêver et de se divertir. Le football permet quelque part de faire oublier les problèmes quotidiens que les gens peuvent avoir. Le football a toujours survécu aux crises, même dans les situations les plus difficiles, je pense que les gens continueront à regarder et aimer le football.

Vous voyez le football comme un sport ou comme un spectacle ?
Je le vois comme une grande passion. Je ne le vois même pas comme un travail, c’est dire, sinon je ne serais pas là avec vous à perdre mon temps. (rires)

Qu’est-ce qui vous fatigue dans le football ?
Les interviews. Après la défaite contre la Reggina, j’ai fait 15 interviews pour la télévision en une seule soirée. A chaque fois, c’était pour raconter la même chose… Aucun intérêt. La passion qui entoure le football peut également être fatigante. Après il y a la pression, mais ça c’est presque devenu une routine. Tous les entraîneurs du monde pourraient vous dire ce que c’est que d’être sur un fauteuil éjectable (Rires). Malgré tout ça, j’aime le football, je l’ai aimé, je l’aime et je continuerai à l’aimer même quand je serai très vieux. C’est un milieu où tu peux te faire virer du jour au lendemain, sans savoir si tu retrouveras un autre club, mais que voulez-vous, je ne peux pas imaginer ma vie sans le football.

Vous regardez des matchs de football lors de vos jours de repos ?
Chez moi, si j’ai le choix entre un bon film et un bon match, je prends sans hésiter le bon match. Les matchs ne se ressemblent jamais, la grandeur du football est que les scénarios ne sont jamais les mêmes. C’est unique et en direct, capito ? Un film, tu peux le regarder dix fois, et rien ne changera par rapport à la première fois.

Et si le film est Don Camilo, que faites-vous ?
(surpris) Mais j’ai joué dans Don Camillo ! (sourire). J’ai fait trois films. Don Camillo avec Terence Hill, ‘l’Allenatore nel Pallone’ et un autre film… (il coupe) C’est marrant Don Camillo, vous l’avez vu ?

Pas en entier à vrai dire…
En fait, je joue pour l’équipe de football communiste de Peppone, le maire du village. Peppone était le grand rival de Don Camillo, c’était un peu un match de football entre anges et démons… (rires) J’étais vraiment content de jouer dans ce film car Don Camillo est né à Bresciello, à seulement dix kilomètres du village où je suis né. C’est une histoire très connue dans ma région (Émilie-Romagne, région de Parme entre autres, Ndlr). J’ai un grand souvenir de ce tournage, même si je n’ai pu parler que cinq petites minutes avec Terrence Hill. Mais on parle d’un film qui a 25 ans ! (Rires gêné).

Êtes-vous également un joueur qui milite pour l’équipe communiste dans la vie réelle ?
Non, pas vraiment (rires). De toute façon, les communistes n’existent plus ! En France, je ne sais pas, mais en Italie, il n’y en a plus beaucoup. (Il coupe)… Vous savez je suis né dans une famille d’agriculteurs pauvres. Mon père a travaillé la terre pendant 50 ans. C’était un ‘paysan’ comme vous dites. Il travaillait la terre d’un propriétaire terrien, il y avait du raisin, du blé, plein de trucs comme ça. Quand le temps des récoltes arrivait, le propriétaire des terres venait prendre la moitié de la récolte alors que c’était mon père qui avait travaillé dur pendant toute l’année. J’étais petit, je n’arrivais pas à comprendre pourquoi mon père se laissait prendre le fruit de son travail sans rien dire. Aujourd’hui, heureusement les choses ont changé.

Vous n’avez jamais voulu suivre les pas de votre père ?
Quand j’étais enfant, j’ai travaillé dans les champs, je sais ce que c’est que de travailler la terre. C’est aussi dur que gratifiant, mais je ne voulais pas faire ça le restant de mes jours… Chacun doit vivre sa propre histoire.

Venant d’une famille modeste, vous n’avez pas l’impression que les salaires des footballeurs sont parfois indécents pour les gens normaux ?
C’est quelque chose qui peut être débattu et évalué, mais c’est vrai qu’autour du football, il y a beaucoup, beaucoup d’argent. Je suis quelqu’un de vraiment chanceux. J’ai réalisé le rêve de milliers de gens en devenant footballeur, puis entraîneur. Aujourd’hui, je gagne très bien ma vie, et certaines personnes essaient toujours de me faire croire qu’être entraîneur est une profession, mais ce n’est pas vrai, c’est juste un divertissement.


Posté le 22/05/2009 | 7 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Interview de Carlo Ancelotti _ 3ème partie

Tout le monde dit que David Beckham est un grand professionnel, on s’en doute bien, mais qu’est-ce qu’il a de si intéressant que les autres joueurs n’ont pas ? Beckham est quelqu’un de très intelligent, en plus d’être très sérieux au quotidien. C’est vraiment une bête de travail. Sur le terrain, il voit tout avant tout le monde. Je pense même qu’il a la meilleure vision de jeu de mon équipe. Sur ce point de vue-là, il n’a même rien à envier à un joueur comme Kaka. Quand tu vois tout avant tout le monde, tes passes sont forcément meilleures. C’est ça, sa plus grande qualité.

Comment expliquez-vous qu’il n’ait jamais été considéré à sa juste valeur ? Pour moi, c’est un grand joueur, après ce qu’il fait dans sa vie personnelle, je m’en fous, c’est quelque chose qui ne m’intéresse pas.

Maintenant qu’il joue dans une position plus axiale, comment faire pour que David Beckham progresse encore plus dans sa vision de jeu ? C’est une qualité naturelle que l’on ne peut pas lui faire travailler. L’instinct est d’ailleurs la seule chose qu’on ne peut pas enseigner. La seule chose que je peux lui montrer, ce sont les mouvements et la coordination avec les autres joueurs. En assimilant les mouvements et les appels de ses coéquipiers, il peut utiliser plus efficacement son excellente vision du jeu. D’ailleurs, je pense qu’il l’a améliorée en changeant un peu sa position sur le terrain. Aujourd’hui, je suis même certain qu’il a une meilleure vision du jeu qu’à l’époque de Manchester. Il a compris très vite, en perdant un peu de sa vitesse, que sa vision du jeu allait pouvoir lui faciliter son adaptation dans un rôle un peu plus axial.

Pourquoi l’avoir replacé dans l’axe alors qu’à la base, c’est un ailier pur ? David n’a plus rien à voir avec le joueur qu’il était à Manchester. Ses caractéristiques ont changé, il est un peu plus lent, mais tactiquement et techniquement je pense qu’il est plus fort.

Il y a quatre ans, vous aviez raté sa signature de peu. Vous l’auriez fait jouer de la même manière qu’aujourd’hui s’il avait signé ? Selon moi, sa meilleure position, c’est au milieu de terrain. Il y a deux ans, nous avions également essayé de le faire venir à Milan, mais ça n’avait pas non plus marché. Aujourd’hui, je le fais jouer comme j’aurais voulu le faire jouer quelques années auparavant. C’est-à-dire dans un rôle un peu plus axial. Vu ses caractéristiques physiques, sa résistance, sa combativité et sa qualité de passe, c’est sa meilleure position sur un terrain.

Est-ce que David Beckham ne serait pas une sorte de Maldini anglais ? On peut dire ça. Ce sont des garçons intelligents, sérieux, professionnels, élégants, qui ne font jamais de polémiques dans un vestiaire. L’image que les gens ont de David Beckham est totalement fausse.

Est-ce que ce n’est pas à cause de sa femme justement ? Je le répète, l’image que les gens ont de David Beckham est totalement fausse.

Est-ce que l’arrivée de Beckham à Milan ne va pas lui donner une nouvelle crédibilité en tant que footballeur ? Son rêve est de participer à la Coupe du Monde 2010. Pour y parvenir, il vaut mieux évoluer dans l’une des meilleures équipes d’Europe, et dans l’un des championnats les plus difficiles du monde que dans un championnat peu réputé. Je pense que ce serait un désavantage pour lui de retourner au Los Angeles Galaxy.

Quelle image aviez-vous de lui avant de l’avoir sous vos ordres ? Je le considérais comme un bon joueur, mais pour moi, ce n’était pas un “top-class”. Aujourd’hui que je le connais un peu plus, je peux dire que c’est un grand joueur, vraiment très intelligent, mais personnellement je ne le considère toujours pas comme un “fuoriclasse” (grandissime footballeur), même s’il m’a conquis par ses prestations et son caractère.

Il y a trois Ballons d’Or à Milan. On dirait les Galacticos du Real... Je l’ai dit, chaque équipe a sa propre histoire. Nous ne prenons pas des joueurs en fonction de leur palmarès, ou de leur(s) Ballons d’Or, mais plutôt en fonction de leurs caractéristiques. Quand le Milan AC signe un joueur, c’est parce qu’il est bon et qu’il peut être utile à l’équipe.

Mais Ronaldinho et Sheva sont arrivés à Milan après des périodes très délicates… Dans une carrière de joueur, il y a toujours des hauts et des bas. Pour expliquer leur méforme, on peut toujours penser que l’ambiance dans laquelle ils étaient ne leur convenait pas. S’ils sont aujourd’hui à Milan, c’est aussi pour se remettre en question dans un nouveau cadre de vie.

Vous pensez vraiment récupérer Sheva ? Je n’ai pas de doute là-dessus. Ces deux dernières années ont été mauvaises pour lui. Il s’est blessé, puis il a eu des problèmes au dos, et quand il est revenu, il n’avait plus confiance en lui. Je suis persuadé que Shevchenko redeviendra celui qui a quitté Milan, car il a la volonté pour ça.

Après huit années passés sur le banc du Milan AC, vous n’avez pas l’impression d’avoir fait le tour de la question ? Ça ne vous intéresserait pas un nouveau challenge à l’étranger ? Tout est possible. Je ne pense pas encore vivre mes dernières heures à Milan. Le jour de dire « C’est fini » n’est pas encore arrivé.

Comment expliquez-vous votre longévité sur le banc des Milanais ? (sourire) Officiellement, c’est parce qu’il y a une belle histoire entre les dirigeants et moi, et qu’il y a une bonne ambiance au sein du club… C’est ce que je dois dire pour la version officielle. La réalité est toute autre. Si je suis encore là, c’est parce que j’ai des résultats, et uniquement parce que j’ai remporté des trophées.

Apparemment, vous êtes encore là parce que les joueurs aiment également être sous vos ordres… Ça je ne sais pas. Moi, j’ai du respect pour eux, et j’espère qu’ils en ont pour moi, mais ce serait présomptueux de ma part de dire que tous mes joueurs m’adorent. Pour moi, un entraîneur doit savoir être le plus naturel possible. Il faut être honnête avec les joueurs, ça ne sert à rien de jouer un rôle de petit chef. Vous savez, je me considère comme un membre de plus du groupe. Penser que je suis au-dessus ou différent d’eux serait une grave erreur de ma part. Alors même si c’est moi qui prends les décisions au final, j’essaie toujours d’être à l’intérieur du groupe, et pas en dehors. Pour qu’une équipe fonctionne, il faut qu’il y ait une harmonie totale entre l’entraîneur et les joueurs. Sans ça, il n’y a pas de communication, pas de progrès et pas de résultats. Sans les joueurs, l’entraîneur ne serait rien, c’est bête, mais c’est comme ça. Pour faire passer un message ou une philosophie de jeu, il faut des longs dialogues et des discussions franches. Je connaissais des entraîneurs qui imposaient leur point de vue sans s’expliquer, et de manière trop autoritaire : « Tu fais ça parce que je te le dis et basta ! ». Je ne pense pas que ce soit une bonne façon d’entraîner ou de faire passer un message aux joueurs. Au contraire… Je ne suis pas borné, et j’essaie au maximum de ressentir les vibrations, bonnes ou mauvaises, de mes joueurs durant la semaine. Si je vois qu’un de mes entraînements est mal compris ou ne stimule pas mes joueurs, je ne vais pas insister, j’en change et puis c’est tout.

Quel est l’entraîneur qui vous plait le plus actuellement ? (Sans hésiter) Hiddink ! Je ne le connais pas bien, j’ai parlé quelquefois avec lui, mais je trouve qu’il a un truc spécial.

Des produits “spéciaux” sans doute… Des produits ? Ah non… (Il hésite) Si ? Non vraiment je ne pense pas. (Carlo a une photo de lui avec Guus dans le vestiaire. On n’avait jamais remarqué, mais ils se ressemblent un peu, Ndlr).

Quel est l’entraîneur adverse qui vous a le plus mis en difficulté et comment ? (Grande grimace, puis il sourit) C’est vraiment très difficile pour moi de répondre à cette question, comme vous l’imaginez. Néanmoins, l’équipe souffre beaucoup lorsque Pirlo ne peut pas s’exprimer. C’est le cerveau de l’équipe, alors s’il est bien pris, tu imagines ce que ça donne.

Hiddink est arrivé à Chelsea jusqu’à la fin de saison. C’est vous son successeur chez les Blues ? (Il hoche la tête plusieurs fois) Non, vraiment pas.

On parle aussi de vous au Real… C’est pareil, c’est non, en tout cas, je ne suis pas au courant. (Sourire) Moi j’ai un contrat jusqu’en 2010 avec le Milan, et je suis quelqu’un qui respecte ses engagements. Néanmoins, je suis effectivement attiré par une expérience à l’étranger, mais je ne suis pas pressé. Après la Juve et le Milan Ac de toute façon, je n’aurai pas vraiment le choix. En Italie, je ne pourrai plus entraîner de clubs, c’est certain.


Posté le 22/05/2009 | 6 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Interview de Carlo Ancelotti _ 2ème partie

Vous considérez-vous comme un entraîneur défensif ou offensif ? Ni l’un, ni l’autre. Ma philosophie, c’est jouer pour gagner et basta.

Est-ce que c’est vraiment votre philosophie de jeu ou celle du Milan AC ? (il hésite) Je pense que j’ai la même philosophie de jeu que celle du Milan. De toute manière, un entraîneur doit savoir s’adapter à la philosophie d’un club, surtout lorsqu’il s’agit d’une institution comme le Milan AC.

Il y a deux types d’entraîneur : les défensifs et les offensifs. Par exemple, Capello ne pourrait jamais entraîner le Barça comme l’a fait Rijkaard. Vous devez bien vous situer quelque part ? Il existe des entraîneurs plus offensifs que défensifs et vice-versa, mais sincèrement je ne sais pas vraiment où me placer. Je pense qu’il est plus facile d’être un entraîneur avec des concepts de jeu basés sur la défense. Penser une défense vous donne plus de certitudes. Quelque part, limiter les risques est forcément plus rassurant que d’en prendre, c’est la raison pour laquelle beaucoup d’entraîneurs commencent à bâtir leurs équipes depuis l’arrière. Réfléchir au travail défensif, c’est très facile, et si c’est bien préparé, les joueurs l’assimilent mieux. En revanche, le jeu offensif demande beaucoup plus de réflexion. C’est plus noble, car c’est conditionné par des facteurs rares comme l’habileté, l’instinct et le talent des joueurs… (il s’arrête et réfléchit) Attaquer est vraiment beaucoup plus difficile que défendre, tout simplement car il faut savoir quoi faire de la balle. Détruire est plus facile que construire, mais ça donne peut-être moins de satisfaction…

Et les génies, les artistes, vous les laissez en liberté ou cherchez à les contrôler ? Je laisse à mes joueurs la liberté d’interpréter sur un terrain. Je veux de la créativité chez mes attaquants. Pour déstabiliser l’adversaire, le génie est essentiel, et ça, c’est quelque chose qui ne se contrôle pas et que je n’ai pas envie de museler.

L’instinct, c’est quelque chose qui se travaille ? Ça ne se travaille pas, c’est quelque chose de naturel chez les joueurs. Un attaquant sera toujours plus libre qu’un milieu de terrain ou un défenseur, après, mon travail est d’inciter mes avants-centres à ne pas avoir peur de prendre des initiatives sur le pré.

Comment faites-vous pour que des joueurs comme Maldini ou Seedorf soient encore motivés et continuent de progresser ? Si des joueurs comme eux jouent encore, c’est parce qu’ils aiment encore le football. Les champions ont toujours de la motivation, l’envie de progresser et la volonté nécessaire pour remporter des titres. Maldini, ça fait vingt ans qu’il est pro, mais je peux vous assurer qu’il ne s’est jamais plaint durant les entrainements. Le football est une passion, si tu ne l’aimes pas comme ça, c’est difficile de jouer au plus haut niveau. De toute façon, il n’y a pas de secret : une équipe progresse en travaillant bien à l’entrainement. J’aime bien faire des analyses vidéo avec les joueurs. C’est bien de voir ce qu’ils font bien et les points sur lesquels ils doivent progresser.

Et comment expliquez-vous alors que Ronaldinho semble quelquefois démotivé et ne progresse plus ? Les joueurs comme Ronaldinho basent tout sur leur talent. (il réfléchit) J’ai entrainé tellement de grands joueurs… La majorité d’entre eux pensent qu’ils peuvent faire la différence uniquement sur leur talent mais ce n’est pas vrai. Dans le football moderne, si tu n’as pas une bonne condition physique et si tu ne travailles pas durant la semaine, c’est très difficile de briller en match.

Vous pensez qu’il redeviendra un jour le Ronaldinho de Barcelone ? Milan est le seul club qui pourra lui permettre de retrouver son niveau. Je suis sûr qu’il a encore beaucoup de choses à donner, il est jeune et n’a pas de problèmes physiques. Après, ça se passe dans sa tête. Il faut qu’il retrouve la motivation nécessaire pour redevenir le Ballon d’Or indiscutable qu’il était à Barcelone. C’est un combat avec lui-même, moi je ne peux pas lui donner de la motivation. Je peux l’encourager mais pas me mettre à sa place.

Pourquoi faites-vous évoluer des joueurs offensifs à des positions défensives ? On pense surtout à Beckham et Seedorf… Comment je fais ? J’en sais rien moi !

Pourquoi avoir pris Beckham alors que vous aviez déjà Flamini ? Nous n’avons pas pris Beckham pour jouer à la place de Flamini. Son transfert était une pure coïncidence. Il avait besoin de s’entrainer pour garder la forme et pour retrouver la sélection anglaise. Après, c’est allé très vite. Il s’est entrainé avec nous, et vu ses bonnes prestations à l’entrainement, je n’ai pas eu d’autre choix que de le faire jouer. Flamini, je le fais jouer à sa place, en milieu de terrain. De toute façon, il n’a pas les compétences requises pour jouer à droite ou à gauche.

Comment gère-t-on la déception d’un joueur –par exemple Flamini– qui s’apprête à être titulaire et puis qui est à nouveau relégué sur le banc quand un joueur plus fort ou plus star arrive ? Ce n’est pas facile, mais à Milan, il n’y a aucun titulaire indiscutable. Je fais jouer les joueurs en fonction des matchs et de la forme du moment. S’ils ne jouent pas, c’est parce que j’estime qu’ils peuvent faire mieux à l’entrainement ou tout simplement parce que d’autres joueurs ont été meilleurs pendant la semaine.

Vous dites qu’il n’y a pas de titulaire indiscutable à Milan, mais ce n’est pas l’impression qu’on a en voyant Seedorf et Kaka… Seedorf est l’un des joueurs les plus importants pour moi. Il a de la qualité, un mental d’acier et il peut évoluer partout sans que son rendement ne s’en ressente. Avec Flamini, c’est différent. C’est moi qui l’ai voulu, et qui ai insisté pour qu’il vienne. C’est un joueur important de l’équipe même si je ne l’ai pas beaucoup fait jouer jusqu’à maintenant. Mais bon, la saison est encore longue et éprouvante… (Ndlr, Flamini aura été plus utilisé sur la fin de saison, et notamment en qualité d’arrière droit)

Quel est le rôle exact de Seedorf dans votre système ? Je le fais jouer milieu gauche car il est bon sur les phases offensives, et très intelligent lorsque l’équipe doit défendre. Son rendement dépend de la manière dont il interprète sa position sur le terrain. Il ne doit pas seulement apporter du danger, ça doit être un 4x4. A la place de Seedorf, je pourrais mettre Ambrosini mais ce ne serait vraiment pas la même chose. Ambrosini défend plus et attaque moins, Seedorf, c’est le contraire. Contre des adversaires qui ne ferment pas le jeu, je n’hésite pas, je mets Seedorf, car il peut attaquer sur un côté, repiquer dans l’axe ou encore jouer plus proche de la surface. Contre des adversaires avec des caractéristiques plus défensives, avec des latéraux qui montent beaucoup en attaque comme Maicon à l’Inter, je préfère placer Ambrosini sur le flanc gauche du milieu de terrain, et trouver une autre place à Seedorf dans mon dispositif tactique.

Ambrosini joue souvent, mais il semble moins important que les autres milieux de terrain… Il est moins connu que les autres, donc peu de gens le regardent, mais je vous assure qu’il fait un travail de sape impressionnant. En plus, c’est l’un des seuls joueurs de mon effectif qui soit vraiment bon de la tête, car tous les autres joueurs sont plutôt petits. Sur les phases arrêtées, il peut donc être déterminant.

Est-ce que le vrai problème du Milan actuel n’est pas l’absence de défenseurs latéraux talentueux tels que Cafu ou Serginho ? L’idée de base est d’avoir des défenseurs qui créent le surnombre en attaque. En ce moment, on a Zambrotta et Janlulovski qui sont deux garçons qui montent beaucoup. Bien sûr, ce ne sont pas les mêmes profils que Serginho et Cafu, mais je m’en contente bien.

En faisant jouer Beckham et Ronaldinho ensemble dès le départ, vous cherchez à avoir plus de verticalité ? (Ndlr, depuis, le football de Ronaldinho s’est évanoui, il fait donc banquette) Non, pas immédiate en tout cas. Je dispose d’attaquants véloces comme Pato, qui sont plus explosifs et efficaces sur des distances courtes ou moyennes que sur des longues courses. Je n’aime pas voir mon équipe balancer, une passe courte bien donnée dans l’espace suffit à déstabiliser une défense adverse.

C’est difficile de gérer un joueur ultramédiatique comme Beckham ? Non. C’est vraiment un professionnel parfait. L’un des plus professionnels que j’ai eus sous mes ordres. Au départ, il devait juste s’entraîner avec nous pendant deux mois, je ne pensais même pas le faire jouer… Et maintenant qu’il est vraiment dans l’équipe, il est question qu’il rentre à Los Angeles en Mars…

Et vous ne voulez pas le conserver ? S’il reste avec nous, je serai vraiment content. Mais il a un contrat avec les Galaxy. Dès le moment où je l’ai aligné en match, j’étais conscient qu’il devrait bien partir un jour. Dans ma tête, sa présence est très importante mais malheureusement éphémère, même si je désire vraiment qu’il reste à Milan plus longtemps.

Et vous l’avez dit à vos dirigeants ? Bien sûr que oui ! Je le leur ai même répété plusieurs fois. Le club sait très bien que c’est un joueur important pour moi, mais les contrats sont là pour être respectés. On verra bien ce qu’il se passe… (Ndlr, Beckham devrait finalement rester du côté de Milanello, du moins pour l’instant)


Posté le 22/05/2009 | 4 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Interview de carlo Ancelotti _ 1ère partie

Fin février, à l’occasion du numéro spécial Beckham, nos reporters se sont rendus à Milan. L’occasion rêvée de choper Carlo Ancelotti pour le faire disserter sur son métier. En deux temps. D’abord au resto de Milanello, distant et en costard. Puis dans son bureau, en jogging vintage à ses dépens, chaleureux et prolixe. Carlo s’est d’ailleurs gratté les couilles pendant une bonne heure. La preuve qu’il était plutôt en confiance. Une interview en cinq parties que vous pourrez lire toute cette semaine sur sofoot.com.

Vous voyez-vous comme un successeur de Sacchi et Capello chez les Rossoneri ? (il réfléchit, puis souffle) J’aimerais bien le penser et ce serait un honneur d’être comparé à eux, car ils font partie de la légende du Milan. Mais nous sommes différents. Il y a quand même un dénominateur commun entre eux et moi : les bons résultats.

Quelle est alors la principale ressemblance entre les styles de vos illustres prédécesseurs et le vôtre ? Je ne pense pas qu’il y ait vraiment de ressemblance avec le style de Capello. Lui et moi avons des caractères distincts et j’estime que nos traits de caractère se distinguent assez clairement dans la manière qu’ont nos équipes de jouer. Dans la manière de travailler, et tout simplement dans la manière d’entraîner nos équipes, nous sommes totalement différents. Il a été mon dernier entraîneur, peut-être que c’est aussi pour ça que je n’ai pas eu l’occasion de vraiment apprécier ses méthodes de travail et de le connaître plus en profondeur. Avec Sacchi, c’est différent, j’ai passé beaucoup plus de temps avec lui, et surtout, j’ai appris énormément à ses côtés. Que ce soit en tant que footballeur ou entraîneur.

Qu’est-ce que vous avez appris avec lui justement ? De Sacchi, j’ai tout appris ou presque ! Il m’a donné des bases solides et plus que ça d’ailleurs… Mais je retiendrai sûrement avant tout la culture du travail bien fait, la discipline, la façon de programmer les entraînements et de les rendre terriblement efficaces les jours de match. Pour moi, il a été un authentique “maestro”. C’est un modèle pour tous les entraîneurs.

Le Milan de Sacchi était une révolution dans le fond de jeu. En revanche, votre Milan AC semble être une révolution dans la forme avec plein de grands noms et de Ballons d’Or qui n’ont pas encore trouvé leur rythme de croisière pour jouer tous ensemble. Qu’en pensez-vous ? Pour construire une équipe, et pour que les joueurs assimilent parfaitement la philosophie de l’entraîneur, il faut du temps. Sacchi était un inventeur du football. Il a apporté des innovations grandioses à ce jeu, qui lui ont permis d’être en avance sur son temps et sur ses adversaires. J’aimerais moi aussi trouver des formules aussi brillantes tactiquement, mais aujourd’hui, c’est différent et le fait d’oser quelque chose est également plus difficile. Mon équipe est très différente de celle de Sacchi, c’est vrai. J’ai encore besoin de la “façonner” pour qu’elle soit aussi performante que je le voudrais. Avec du temps, tout est possible, mais chaque équipe a sa propre histoire et ses propres caractéristiques. Le Milan de Sacchi était un monstre tactique qui se reposait sur un système de jeu établi plus que sur la qualité des joueurs. Mon équipe possède en revanche une grosse base technique et des joueurs vraiment très talentueux, alors je me focalise avant tout sur ce génie-là. J’aime le talent, d’ailleurs le rôle d’un entraîneur, c’est de faire la meilleure équipe possible avec les joueurs qu’il a à sa disposition.

Êtes-vous content des joueurs que vous avez aujourd’hui ? Un entraîneur doit toujours être content des joueurs à sa disposition. Si tu n’es pas heureux, tu ne peux pas travailler avec eux, et ça devient alors compliqué de bâtir le meilleur projet possible.

A Milan, il semble néanmoins que vous n’ayez pas le dernier mot sur le recrutement ? C’est un système qui existe partout dans le football. L’entraîneur, en adéquation avec la ‘societa’, médite comment rendre son équipe la plus forte possible, en essayant de gommer les carences qu’il voit tous les jours à l’entraînement. Mon équipe actuelle a été construite d’une telle manière et avec tant de joueurs que beaucoup de mes éléments ne jouaient pas dans leur véritable position au départ. Pirlo, par exemple, était un meneur de jeu que j’ai fait reculer sur le terrain pour les besoins de mon système. (Il réfléchit) Un entraîneur doit avoir la capacité de construire un système de jeu en fonction des meilleures caractéristiques de ses joueurs, et non l’inverse.

Est-il possible d’entraîner le Milan AC sans s’inspirer du modèle Sacchi ? La philosophie du Milan AC n’est pas de jouer selon un système de jeu déterminé.

Ça n’a donc rien à voir avec l’héritage de jeu que l’on peut retrouver au Barça ? Tu veux parler du 4-3-3 c’est ça ? Effectivement, nos systèmes de jeu et nos manières d’appréhender le jeu sont pour le coup totalement différents, même si quelque part la philosophie du Milan AC est de jouer un football qui soit plaisant pour les gens, mais qui permette surtout les meilleurs résultats possibles. Chez nous, il y a un culte de la victoire ; l’esthétisme, bien qu’important, est une manière d’y parvenir, mais ce n’est pas une finalité. Ce n’est pas pour autant qu’il faut uniquement gagner sans la manière, bien au contraire. Il n’y a pas de règles définies pour parvenir à la victoire. Ces vingt dernières années, le Milan AC a joué avec des organisations de jeu différentes. Le Milan de Sacchi a inspiré celui de Capello et mon équipe actuelle est l’héritière de celle de Capello. Je le répète, les joueurs changent mais l’esprit doit perdurer, même si les systèmes sont plus ou moins différents selon les époques.

Quels sont les grands principes du 4-3-2-1 actuel ? C’est l’équilibre. Selon moi, c’est le système qui te permet d’avoir la meilleure stabilité du bloc-équipe, aussi bien sur les phases offensives que défensives.

Vous aviez la possibilité de faire jouer Kaka et Rui Costa ensemble, mais à l’époque, vous aviez sacrifié le Portugais pour jouer avec deux attaquants. Quel est le nombre d’attaquants idéal selon vous ? Tout dépend des matchs. Vous pouvez jouer avec deux ou trois “trequartisti” (sorte de n°8 créatif, Ndlr), avec une pointe ou deux, peu importe à vrai dire. Le truc, c’est de jouer avec les caractéristiques de vos joueurs pour contrer celles de vos adversaires. Pour que le Milan soit une équipe toujours difficile à jouer, il faut que mon équipe s’adapte à l’adversaire.

Mais pourquoi avoir adopté le 4-3-2-1 en remplacement du classique 4-4-2 ? J’ai changé de système tactique car je pense que les caractéristiques de mes joueurs s’accordent mieux avec le 4-3-2-1. L’année dernière, je ne possédais pas des ailiers purs, mais plutôt des joueurs qui préféraient construire des attaques placées à partir du milieu de terrain, j’ai donc dû adopter ce système. Avec Parme, j’ai joué en 4-4-2, avec la Juventus, j’ai joué avec trois défenseurs centraux de métier, et au Milan, j’adapte mon système en fonction des “trequartisti” pour valoriser au maximum les points forts des joueurs à ma disposition.

Donc si vous aviez des joueurs pour évoluer en 4-3-3, vous n’auriez aucune hésitation à le faire ? C’est ça. Je ne suis prisonnier d’aucun système.

On a pourtant l’impression vu de l’extérieur que vous êtes un entraîneur conservateur… Connerie ! C’est complètement faux. Ceux qui disent ça ne connaissent pas mon histoire ! Encore une fois : à Parme, j’ai joué avec un 4-4-2, à la Juventus avec trois défenseurs centraux, quatre milieux de terrain et un homme derrière les deux attaquants. Au Milan, dernièrement, nous avons même évolué avec un 4-3-1-2, en plus du 4-3-2-1. Je ne suis pas un conservateur, si j’ai des “trequartisti” comme Zidane à la Juventus, Rui Costa, Rivaldo ou Kaka à Milan, ce serait bête de m’en passer. Ils ont tous été des joueurs grandioses capables de donner beaucoup à mes différentes équipes. Encore une fois, je fais en fonction du talent de mes joueurs. Je ne vois vraiment pas ce qu’il y a de conservateur là-dedans.

L’arbre de Noël (4-3-2-1), c’était votre idée ? (Il coupe) Oui c’est ça, j’ai commencé à l’utiliser à l’époque où il y avait Rui Costa et Rivaldo. Ce n’étaient pas vraiment des attaquants, mais leur lecture de jeu et leur technique pouvaient nous apporter beaucoup. Pour ne laisser aucun des deux sur le banc de touche, j’ai donc trouvé cette solution-là.

A chaque fois qu’il le peut, Berlusconi demande un retour du 4-4-2… (Il coupe) Berlusconi, vous savez, il dit tellement de choses ! (Rires) Quelque part, le meilleur système défensif est effectivement le 4-4-2, mais dans les phases offensives, ça ne me convainc pas vraiment. Je préfère le système avec lequel nous jouons actuellement. Avec le 4-3-2-1, il y a plus de lignes de jeu, du coup, le terrain est plus facilement balayé par mes joueurs.

C’est un système qui vous permet d’avoir moins d’espace entre les lignes ? Non, c’est juste plus difficile à défendre pour l’adversaire. Vraiment plus difficile… Quand tu joues avec deux ‘trequartisti’, tu crées des gros soucis à l’équipe d’en face. Par exemple, si tu joues en 4-3-3, disons que tu donnes une meilleure lecture de jeu à tes adversaires. Tu leur fournis des repères dans l’espace dont ils peuvent ensuite profiter pour contre-attaquer. C’est un système trop prévisible si tu n’as pas des joueurs déséquilibrants pour le mettre en place.

A suivre...


Posté le 22/05/2009 | 5 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Interview de Jean-Jacques Eydelie

Eydelie: "Le foot français, une vraie bouffonnerie"

Propos recueillis par Jean-Sébastien GROND
De Football.fr
le 22/05/2009

L'ancien milieu de l'OM a désormais le sourire en publiant son second livre. (Maxppp) L'ancien milieu de l'OM a désormais le sourire en publiant son second livre. (Maxppp)

Il revient, plus agressif que jamais. Trois ans après Je ne joue plus !, qui avait ébranlé l'OM et sa Ligue des Champions remportée en 1993, Jean-Jacques Eydelie a publié, dans la plus grande discrétion, un deuxième ouvrage, Sale temps pour le foot (aux éditions Denöel). L'ancien milieu phocéen, impliqué et sanctionné lors de l'affaire OM-VA, demande des comptes aux instances dirigeantes du football français et international. A 43 ans, celui qui en veut également à Deschamps (son ancien ami) continue de briser l'omerta du ballon rond.

Football.fr: Jean-Jacques, la sortie de votre second livre a été beaucoup moins médiatisée. Pour quelles raisons ?
Jean-Jacques Eydelie:
Le premier avait été annoncé, arrivant par le haut, car j'étais allé voir le rédacteur en chef de L'Equipe Magazine. A l'époque, je n'avais même pas encore trouvé d'éditeur. Ils en avaient fait leur Une. Mon second livre arrive d'en bas. J'ai trouvé un éditeur et je n'ai prévenu aucun média. Avec le temps, il fera parler de lui, notamment lorsque les plaintes que j'annonce seront officialisées. J'ai fait mon enquête, j'ai poussé ma réflexion très loin. Les écrits restent, pas les déclarations en l'air. C'est un ouvrage sérieux.

Quel est l'objectif de Sale temps pour le foot ?
Le premier était un réquisitoire. Je me vidais de tous mes mensonges, je passais à confesse. Cela m'avait permis de finir ma thérapie. Le deuxième n'est pas une suite. J'ai pris du plaisir en allant au bout de ma réflexion. C'était important pour moi de faire part des mes ressentiments dans le milieu. Tapie m'avait attaqué sur 5 plaintes il y a trois ans. Aujourd'hui, je fais de même avec Tapie, Bernès, la Ligue, la Fédé, l'UEFA et la Fifa. Mes 7 jours passés en prison et ma suspension ont été le début de mon histoire. C'est le premier coup de poignard que je prends. Un footballeur, c'est comme un artiste peintre qui sans pinceau devient inutile. Moi, on m'avait enlevé mon jouet, ma passion, mon rêve. Je ne le pardonnerai jamais.

"Vraiment la haine de ce football"

Que leur reprochez-vous ?
Ils ont décidé de ma vie ! Que ce soit le contrat non respecté par Tapie, la suspension de 18 mois, ou plutôt deux ans, puisqu'elle s'achevait en janvier. L'UEFA et la Fifa ont élargi ensuite ma suspension au monde entier. Dans quel milieu voit-on ça ? Je ne comprends pas le mécanisme féodal qui peut décider de l'avenir d'un footballeur. Ils voulaient que je disparaisse ! Je ne pouvais pas laisser passer ça. Dans ce livre, il y a une explication du pouvoir politique du football français. C'est un état dans l'état, avec des gens qui se pensent au-dessus des lois. Je veux que les fans de football comprennent. Un footballeur doit être respecté et n'a pas à être trimballé par des commissions.

Gardez-vous de la rancoeur ?
Pas vraiment. Je sais pourquoi je suis tombé dans cette merde. J'ai eu la faiblesse d'accepter (de devenir intermédiaire dans l'affaire OM-VA, ndlr). Je peux désormais me regarder dans une glace. Je suis en paix avec moi-même mais j'ai des comptes à régler avec le football. Je veux des explications. J'ai vraiment la haine de ce football qui m'a fait grandir.

Comment expliquez-vous que vos affirmations ne prennent pas plus d'ampleur ?
J'ai l'impression de faire peur à beaucoup de monde. La presse ne veut pas écrire ses vérités. La liberté d'expression est trop restreinte. La France est classée 35e dans la liberté de la presse dans le monde. Les médias ne veulent pas déranger les grands du football. Je dis tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Ce ne sont pas des bêtises ! Ou alors je suis malade et il faut m'enfermer ! La plupart de mes coéquipiers champions d'Europe 93 sont d'accord avec moi, comme certains cadres de la Direction Technique Nationale, des joueurs et des entraîneurs.

"Deschamps, c'est un petit con"

Pour quelles raisons le football n'est pas vraiment touché par le dopage ?
Car c'est une foutaise, une grande kermesse. Il faut les mêmes normes pour tout le monde dans le milieu sportif. On ne peut pas rester entre deux eaux, avec des sports très touchés par le dopage et d'autres complètement épargnés officiellement. Ou alors il faut faire de la prévention chez les plus jeunes. Je veux rappeler aux gens que dans l'actualité, des joueurs Français de très haut niveau, dont Zidane, ont utilisé des produits dopants pendant plusieurs saisons. Je ne leur demande pas de se dénoncer, de se présenter comme des salauds. A eux de redonner aux jeunes en termes de prévention. Ces footballeurs sont considérés comme des icones et, pourtant, ils ont probablement utilisé les méthodes les plus frauduleuses. Je n'ai rien contre Zizou et Deschamps à ce sujet. Avec Didier, c'est un problème de coeur...

Justement, vous vous en prenez violemment à Didier Deschamps...
Quand on est ami, après avoir passé tant d'années ensemble pendant l'adolescence, forcément, cela fait mal d'être lâché. Il m'a tourné le dos quand j'étais dans la merde. Il sait très bien que je ne peux pas faire comme lui, avec un opportunisme exacerbé pour son propre portefeuille. J'ai toujours oeuvré pour le collectif. Je suis footballeur. Un jour, je l'ai croisé quand il était entraîneur à Monaco. D'abord, il a fait semblant de ne pas me voir. Ensuite, il m'a dit que je pouvais compter sur lui. Ça m'a fait plaisir, mais évidemment, il a continué à me tourner le dos. Pour moi, c'est un petit con, pour ne pas être plus vulgaire. Il ne doit pas oublier qu'au début, c'est Deschamps qui jouait avec Eydelie.

Pensez-vous vraiment que des champions du monde 98 vont venir affirmer leur dopage ?
Bien sûr que c'est une aberration ! Mais comment fait-on alors pour montrer le bon exemple ? Les contrôles anti-dopage des instances ne sont pas fiables, les vérifications des instances concernant les transferts sont approximatives. On ne peut pas compter sur les journalistes pour dire la vérité. Comment fait-on pour nettoyer le football ? On ne va pas laisser pourrir ce sport. C'est du capitalisme sportif. Des gens ont envie de s'exprimer sur le sujet, comme Emmanuel Petit. Dans le milieu, tout le monde connaît la vérité. Mais les places sont tellement chères, car il faut surtout savoir fermer sa gueule. Je pense aux futures générations. Il faut arrêter ce massacre...

"Eh les voyous, arrêtez-vous"

Que peut faire le système actuel ?
Rien ! Le football français est une grande bouffonnerie. Tapie et Bernès avaient été radiés à vie. On en retrouve un en tant qu'agent de joueurs, alors que c'est bien la seule fonction où il n'aurait pas dû exercer. Quant à Tapie, son retour à l'OM était vraiment fabuleux ! C'est comme Courbis, qui n'a jamais passé de diplôme d'entraîneur. Où sont les gens sérieux dans ce football français ?

A ce sujet, vous abordez le maintien de Raymond Domenech par le Conseil Fédéral...
Il y a 80% des Français qui ne veulent plus de lui mais la Fédération fait le choix fantastique de le reconduire. Mon idée, c'est de réunir les entraîneurs diplômés pour un grand vote concernant le poste de sélectionneur national. A bulletin secret, et non pas à main levée. Donner ce pouvoir à un groupe de 22 personnes qui n'ont rien prouvé, c'est une idiotie.

Le sale temps sur le foot français, ça ne date pas d'aujourd'hui...
Ça dure depuis trop longtemps. J'ai envie de crier: "Eh les voyous, arrêtez-vous, on vous reconnaît maintenant !" On a compris depuis trop longtemps comment ils fonctionnent, dans leur propre intérêt et non dans celui du football. En haut de la Fédé et de la Ligue, je crois qu'on se fout vraiment de la base. Ils se prennent pour des nababs, pour des présidents de la République. Les joueurs devraient créer un vrai syndicat indépendant, qui réclamerait une part des droits télé. Les footballeurs doivent rester proches de la vérité de ce sport. Si quelqu'un n'est pas d'accord avec moi, qu'il vienne en face me le dire. Pour l'instant, personne n'est venu me parler.

Posté le 22/05/2009 | 4 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

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